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Francois Aleta - The Phoenix

THE PHOENIX
ou
Les espaces psychiques
a film by Vanessa briggs

 

Francois Aleta - The PhoenixFrancois Aleta - The PhoenixFrancois Aleta - The PhoenixFrancois Aleta - The Phoenix

 

My experience and participation in this film was from 3 points of view : Artistic director, shooting and performer, as the Water Element.
I also builded my own accessories.

Pour le Phoenix j’ai rempli les fonctions de directeur artistique, j’ai tenu la camera une partie du film et également incarné l’élément Eau.

Il fut très important de maintenir ces trois fonctions liées au fil des jours, durant les semaines qu’a dure la fabrication du film. Le fait d’être investi de multiples façons a enrichi et nourri une certaine perception de l’œuvre mais aussi l’œuvre elle-même puisque le caractère unique de ce film réside pour une part dans le fait que les incontournables et traditionnelles fonctions prédéterminées du cinéma, les contraintes techniques et les méthodes habituelles ont été appréhendées d’une manière tout a fait inhabituelle. Loin d’être reniées, subies ou négligées, elles sont parties prenante de l’œuvre elle-même. Elles n’ont pas non plus été laissées à des spécialistes dans le but de séparer la technique de l’art. On peut tout à la fois dire que le Phoenix dans son ensemble est une performance, ou une suite de performances filmées.
Aussi bien qu’un tournage sans film ou qu’un film sans tournage. On peut dire enfin et surtout q’il est une œuvre complète et autonome, sans cesse en mouvement.
Au moment d’appuyer, complètement nu (je suis l’élément Eau), sur le déclencheur de la camera, ce ne pouvait être que mon propre monde qui prenait vie. Je ne filmais bien entendu que les scènes auxquelles je ne prenais pas part. Ainsi c’est l’Eau qui film le Feu, la Terre et l’Air, et la Terre (Vanessa Briggs) qui film l’Eau, le Feu et l’Air. Cette alchimie, organique et technique, fit naître le Phoenix. Pour prendre une métaphore rattachée au film, il s’est agit tout a la fois de dessiner la demeure, d’en fabriquer les briques, de les assembler et de vivre dedans.
C’est ainsi que l’apparition de l’ovni vers la fin du film ne nous a qu’a peine surprit. Je peux même dire que nous l’attendions.

Le Phoenix, en constante évolution et renaissance s’inscrit comme une référence dans l’œuvre de Vanessa Briggs tant il résume la démarche de l’artiste : tout y est vrai, et c’est l’oeuvre même qui est vécue. Tout ce qui est fait existe, est vécu, et n’existe pas sans le reste. L’artiste est l’œuvre, l’oeuvre est l’artiste.

Ce projet a vécu des bouleversements dès le début de son existence : Le film lui-même fut victime d’une tentative d’assassinat brutale par le biais d’une censure de la main d’Alain Fleischer, directeur du Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains. Le Phoenix – l’installation a subi également de nombreuses contraintes et réticences dès sa création. Elle a pourtant apporté un schéma de création absolument unique et révolutionnaire dans l’art contemporain, qui a ensuite été reproduit avec plus ou moins de succès, de nombreuse fois dans diverses institutions d’art contemporain a travers le monde. Il s’agit du montage du film en direct, mis en espace, en tant qu’œuvre à part entière. Ce concept s’inscrit directement dans la démarche de l’artiste engagée depuis de nombreuses années sur le terrain de la multiplicité, du croisement des disciplines, et tout bonnement de la vérité. Il ne s’agit plus d’art vivant, mais d’art vécu.

Aujourd’hui les cassettes « master » du Phoenix se trouvent quelque part dans un ranch de Californie, attendant leur nouvelle résurrection. L’œuvre se poursuit, mue et s’épaissit sans jamais se séparer de son créateur.

 

François Aleta, 2003-2005.

 

THE PROCESS OF THE EDITING :
A film , an installation and the editing in Real-Time.

by Vanessa Briggs.


This film presented in an transactive
installation enables the viewer to see the editing of the film in
real-time (25 hours of DV shooting). The principal idea is that the presence
of the viewer/audience directly influences the editing and the body of the
film itself.
This naked process reveals the emerging movement of the film. The duration
of the film is written in the body of the public.
Most of the shooting takes place in the last old style brick-factory in the
north of France at Leers. Using methods that have not changed since the turn
of the century, the same fire has been burning continuously since 1957.
The film is fed with the ambient sounds and intuitive knowledge
of the site.

Shooting film is always an intrusion of a strange body in space and time -- a body which more or less disturbs the site and the environment. We
have acknowledged this by using characters who interfere in a suspended
time; the intrusion needs to be slow so as not to upset the fragility
of the place. With no pre-established fiction, the story is left to weave
itself -- directly confronting reality and mixing our own lives with those we
engage .
Among the different themes approached are questions about work: work as a
human condition and as an organic function . Work organically
constitutes the body through repetition of gesture. In other words,
repetition of gesture as constituting the body; economic structure as
defining the nature of bodies to come; new economic structures and
technologies as defining new bodies.
Irritation is in that sense
considered as a concept of the repeated repetition: the
repetition as the origin of the whole, implicating a global point of view:
the hold of the repetition as a hold on the whole. The use of digital media here makes sense: the digital media as
an inorganic medium supporting representing an organic universe in which
the brick holds represents the world of repetition. So the body of the
film constitutes itself by through the constitution of the body and the body in the digital video is constituted through the
repetition of images. In the video the mystical disappearance of the body is
a suspension point "incarnated" by the presence of a UFO. The theme of the
phoenix supports the idea of repetition and survival. So this
shooting "as slow as a tree growing" and these micro-events acknowledge the highly intuitive connection of the site and of the living
beings.
The structure of the film follows the structure of the I Ching, the Chinese
Book of Changes, which contains 64 hexagrams.
Who can finish the film?
Who can finish the world?
If the world wasn't [offered] finished, who would dare finish it?
Fire by nature, an unfinished body . . .
The flame dances and the film is the dance of the body.
A UFO hovers above the brick-factory, in a time of relief without rupture.
Time after cruelty.
After the cruelty of work, of repetition.
The characters come to heal the place, to free creatures.
The rift : the rift isn't in the film.
The rift is the weakness of the
film, the crack we won't see, the lost place, the one we haven't had time to
catch to shoot.
The editing is in real-time.
You come to see a film revealing itself, you become part of the
film.
You are the time of the film.
You absence is the widening weakness of the film.
The opening rift. The disaster.
With your presence, the film exists.
I need your body to come and inform my film of what it needs.

Vanessa Briggs. Tourcoing (France), 2000.

Thanks to Robert Mittenthal for helping me on the translation of this text.

 

© Francois Aleta 2002.